mercredi 30 novembre 2016

This is Us: this feels good !



Il faut bien se l’avouer, l’actualité ne nous ménage pas en ce moment : entre les images qui continuent d’arriver de conflits pas si lointains, les résultats surprenants d’élections françaises ou américaines et les anniversaires d’évènements tragiques encore bien trop proches, cette entrée dans l’hiver ne nous a pas franchement épargnés. Il parait plus important que jamais de trouver du réconfort là où on peut. Y compris dans les séries télé. Et cette année, NBC semble avoir entendu cet appel en lançant ce qui est sans doute l’un des grands gagnants de cette saison 2016-2017 : This is Us.  Alors si vous avez un petit coup de mou, si vous avez envie de câlins ou si vous n’en pouvez plus des traumatismes que provoque chez vous How to Get away with Murder, enroulez-vous dans cette série-plaid sans attendre.

This is Us raconte les destins croisés de personnages plutôt ordinaires au sein de leurs familles respectives, sous quelque forme que celles-ci prennent. Au fil des épisodes, les liens entre les personnages se précisent, les histoires se rencontrent et la série installe un joli cadre dans lequel évoluent ces héros qu’on apprend à connaitre petit à petit, au rythme de révélations qui sont faites sur chacun d’eux. Les thématiques qui sont abordées sont celles d’un soap familial classique. Le mode de narration qui mêle storylines multiples et flashbacks réguliers est assez habituel. Et la réalisation, soignée, est fidèle à ce qu’on attend d’elle. Difficile de pitcher This is Us avec plus de détails tant la série ressemble à beaucoup d’autres dramas que les américains produisent chaque année et dont ils sont friands (et nous avec).
Oui, autant prévenir, la série n’a rien de révolutionnaire. Ça n’est pas un high concept, ça n’a rien de jamais-vu et ça ne fait pas dans le sensationnel. Finalement, This is Us est à l’image de son titre : simple et sans prétention. Mais pourtant c’est tout aussi addictif. 



Autant il est difficile de pitcher cette série, autant il est encore plus dur d’expliquer pourquoi ça marche. Le mélo a souvent mauvaise presse : on l’accuse de mièvrerie, de sentimentalisme, voire de misérabilisme tire-larme. This is Us est pourtant la preuve que quand c’est bien écrit, bien joué, c’est un vrai plaisir. Ici, le genre est parfaitement maitrisé. Certes, c’est parfois attendu mais  chaque épisode apporte quelques jolies surprises noyées dans son flot d’émotions, souvent optimistes ; oui, on pleure souvent devant This is Us mais rarement de tristesse. Au contraire, c’est plutôt une machine à redonner fois en l’humanité. Une sorte de doudou qui fait du bien, qui réchauffe. This is Us, c’est la feel-good series par excellence. Un peu comme prendre un chocolat chaud, enroulé dans une grosse couverture devant un feu de cheminée. Perso, j’adhère complètement et je fonds quasiment à chaque épisode (grâce notamment au casting d’enfants – mini Kevin et mini Randall sont tops). Sans doute que je dois manquer de séries sans violence, ni sarcasme. Ou de séries où on n’est pas obligé d’avoir une vanne à la minute ou une explosion avant chaque coupure pub.

Avec déjà 9 épisodes diffusés sur les 18 que devraient compter cette première saison, This is Us est définitivement un de mes coups de cœur de cette rentrée. Un soap familial (très américain certes) touchant qui, sans brusquer, procure au contraire beaucoup de bien. Ça remonte le moral et ça réchauffe l’âme. Vous devriez essayer, vraiment. Pis en plus, vous n'avez aucune raison de passer à coté, c'est dores et déjà diffusé sur Canal+ en France. FON-CEZ.

PS: volontirement, je n'ai pas mis ici de trailer de la série parce que le pilote gagne vraiment à être vu en ayant vu le moins d'images possible. Mais pour ceux qui ne résistent pas, c'est par ici.

mardi 4 octobre 2016

Westworld : magnifiques cow-bots



Que c’est beau ! Mais que c’est beau ! C’était probablement la série la plus attendue de cette rentrée ; hé ben on n’a pas été déçu du résultat ! Westworld, la nouvelle série produite par JJ Abrams et créée par Lisa Joy et Jonathan Nolan (le frère de Christopher) est arrivée dimanche soir sur HBO aux USA et lundi soir sur OCS en France. En termes d’audiences, c’est un succès si on la compare aux lancements des derniers grands hits de la chaine payante américaine. Et c’est tant mieux parce qu’il faut bien admettre que c’est amplement mérité. Intelligent, bien ficelé, magnifiquement réalisé, le pilote est un bijou et promet d’ores et déjà de hisser la série aux rangs des incontournables de ces prochaines années. Il ne faut pas passer à côté de cette perle. Il ne faut pas. Et ce, pour (au moins) cinq raisons :


Le concept : si vous n’avez pas envie de vous faire spoiler le pilote, passez directement au paragraphe suivant (sans regarder le trailer). C’est rare que je dise ça mais ici, vous gagnerez à ne rien savoir du tout du concept de la série tant le plaisir est grand a découvrir l’univers se mettre en place en 68 minutes (oui, le pilote est long). Mais pour ceux qui n’ont pas peur d’en savoir plus (les autres, arrêtez-vous là), sachez seulement que Westworld est un immense parc d’attractions qui propose à ses richissimes clients de revivre à l’époque du Far West au milieu de figurants androïdes plus vrais que nature. Chaque jour, le scénario mis en place par les créateurs du parc se répète et permet aux visiteurs du jour une immersion totale au temps des cow-boys. Jusqu’au jour où une mise à jour des androïdes provoque des comportements inhabituels chez ces derniers. Adapté de Mondwest - un film de 1973 réalisé par ce génial et regretté Michael Crichton - on retrouve du A.I. et du I, Robot dans ce concept, mais aussi du Jurassic Park ou encore du Real Humans. Mais globalement, malgré ces références auxquelles on pense, on a quand même affaire à un récit assez inédit, complexe et pourtant parfaitement exposé dans le pilote.



La direction artistique : je l’ai dit en préambule de ce post mais bon sang de bonsoir, c’est beau. La série repousse une fois encore les limites de ce qu’on peut proposer à la télévision. L’image est parfaite, la lumière est sublime, les décors - naturels ou pas - sont somptueux. Et ce, quelle que soit la réalité dans laquelle on évolue. L’univers futuriste est d’une sobriété élégante et stylisée ; l’ambiance de l’Ouest Américain n’a jamais été aussi bien rendue (pour ceux qui n’ont pas lu le paragraphe précédent, forcément, c’est pas clair mais je n’en dirai pas plus). La réalisation est magistrale. J’en veux pour preuve cette scène incroyable de l’attaque des bandits, sur fond de musique tout aussi géniale (puisque composée par Ramin Djawadi, compositeur de la BO de Game of Thrones). Bref, Westworld, ça envoie du lourd, visuellement. Et ça reste magnifiquement poétique par moment.

Les effets spéciaux : Là aussi, pour ceux qui ne veulent rien savoir, zappez également ce paragraphe (mais revenez le lire quand vous aurez vu l’épisode). Je voudrais mentionner le magnifique travail réalisé autour des androïdes de la série, qu’il s’agisse du maquillage discret, des effets numériques parfaits ou même sans doute du jeu des comédiens. On y croit à 100%, c’est parfaitement géré. Et c’est beaucoup plus subtil que dans Real Humans (déjà remarquable pour ses effets spéciaux). 

Le casting 5 étoiles : C’est souvent sur le nom des comédiens qu’on attire du public. C’est le cas ici aussi même si les créateurs de la série ont fait attention à ne pas forcément donner les rôles les plus importants aux plus grandes têtes d’affiche. Et la magie de Westworld est de parvenir à mêler des mega-stars hollywoodiennes comme Ed Harris et Anthony Hopkins (excusez du peu) à des comédiens un peu moins connus (Thandie Newton, James Marsden, Evan Rachel Wood), voire totalement inconnus du grand public (Luke Hemsworth, frère de Chris et Liam ou Rodrigo Santoro, aperçu dans Lost). Qu’importe leur niveau de notoriété, ils sont tous excellents. Comme souvent, chez nos amis ‘ricains.

Le générique : Je n’ai rien d’autre à ajouter que « matez-moi ça » :



Énorme coup de cœur pour Westworld, donc. Foncez, vraiment. Ça vaut le coup. Si la série parvient à maintenir cette qualité sur la longueur, HBO prouvera que, malgré l’arrivée de concurrents sérieux, elle continue de proposer des programmes d’une qualité exceptionnelle. Et si par malheur la série ne parvenait pas à garder le niveau, c’est pas grave, on aura déjà eu un pilote magique qui donne envie d’être revu encore et encore…


vendredi 30 septembre 2016

Designated Survivor : Chef (d’état), la recette !

Parmi toutes les nouveautés qui ont déferlé sur les chaines américaines la semaine dernière, ABC a lancé mercredi 21 septembre son nouveau drama politique, sur la base d’un bon gros high-concept qui tâche mais qui, il faut bien l’avouer, fonctionne plutôt bien dans le pilote : à l’occasion du discours sur l’état de l’Union (une tradition politique qui voit le président des USA faire un speech devant l’intégralité du gouvernement et du congrès), Tom Kirkman, ministre du logement en phase d’être viré, se voit nommé Designated Survivor du jour. En gros, il est mis sous haute protection dans un lieu gardé secret, au cas où quelque chose de terrible se passerait au Capitole et qu’il faudrait quelqu’un pour assurer la continuité de la présidence. Et vous savez quoi ? Quelque chose de terrible arrive au Capitole et Tom est propulsé président des Etats-Unis. Je n’ai aucune idée de la véracité de ce concept de Designated Survivor. Mais tant pis, fonçons parce que ça marche. Pour être tout à fait honnête, il faudra sans doute attendre encore quelques épisodes pour voir si la série tient la route sur le long terme mais en attendant, décortiquons un peu et trouvons de quoi est fait ce nouveau produit ultra calibré et, je le redis, sacrément efficace dans son pilote.

  
34% d’Homeland: La sécurité intérieure du pays est menacée (à priori par le Moyen-Orient, hein, c’est tendance), la pérennité de l’exercice du pouvoir est remise en cause, la paranoïa est générale, globale. On est en plein dans une Amérique semi-réaliste post-11 Septembre (et même post-attentats de Paris et Bruxelles évoqués dans le pilote). Bref, on n’est pas bien loin de l’ambiance légèrement anxiogène d’Homeland, la bipolarité du protagoniste principal en moins.
On retrouve même un ado qui s’annonce déjà relou. Et qui a le potentiel de devenir plus irritant que Dana Brody. C’est dire.


24% de 24: On ne va pas se voiler la face. Quand on voit Kiefer Sutherland dans une situation compliquée face à une attaque terroriste, on s’attend un peu à ce qu’il dégaine son gun, qu’il hurle « drop your weapon » et qu’il balance des copy that à Chloe O’Brian. C’est incontournable : l’ombre de Jack Bauer est forcément présente. Et on a du mal à comprendre pourquoi personne ne respecte Tom Kirkman. Nous, on serait les autres persos, on refilerait volontiers les clés du bureau ovale à l’ancien agent de la CTU.

17% de Quantico : Dans un cas comme dans l’autre, ça commence avec l’explosion gigantesque d’un bâtiment ultra-célèbre : Grand Central Station à NYC dans Quantico, le Capitole dans Designated Survivor. A chaque fois (et c’est bien normal, c’est la loi), c’est le FBI qui se charge de l’affaire. Et à chaque fois, les agents en charge de la mission sont des bombes (là, c’est moins normal, je ne crois pas que ce soit la loi). D’ailleurs globalement, y a pas beaucoup de moches dans cette réalité. Le chef de cabinet par intérim et l’assistante de Kirkman ne sont pas dégueux non plus dans leur style…

12% d’House of Cards : forcément, comme les attaques extérieures ne suffisent pas à bien foutre la merde au sein du gouvernement américain, les scénaristes mettent rapidement sur place (et pas très subtilement) des luttes de pouvoir intestines  au sein même de la Maison Blanche. Dès le pilote, ça complote, ça se prépare à se mettre des bâtons dans les roues, des coups de poignard dans le dos… bref, ambiance fraternelle dans l’Aile Ouest qui n’est pas sans rappeler l’humeur sympatoche qui se dégage de la présidence Underwood.

8% de The West Wing : Pour les décors. Uniquement pour les décors. Sinon, ça n’a rien à voir. Faut pas déconner quand même.

5% de Veep : pour le côté "Mais qu’est-ce qu’ils foutent à la tête du pays ?". Question que tout le monde se pose à propos de Tom Kirkman et de Selina Meyer. Sauf qu’on aurait bizarrement vachement plus envie de donner son vote à Selina. Pour se marrer. Pour la voir enchainer les bourdes pour un mandat de plus.
D’ailleurs à propos de bourdes, jolie performance de la part de Tom Kirkman d’avoir embauché pour écrire ses speechs le seul mec de la Maison Blanche qui vient de lui dégueuler dessus (au sens propre comme au sens figuré). Le gars a le potentiel de faire encore pire que Mike McLintock.


Sans être la découverte de l’année, Designated Survivor promet d’être un peu bon produit de divertissement si elle continue sur sa lancée. En tout cas, c’est ce qu’on pourrait penser lorsque l’on voit la liste de séries auxquelles elle semble avoir emprunté des éléments. Mais ne négligeons pas le fait que ce high concept peut facilement virer au grand n’importe quoi très rapidement. Ou finir par s’épuiser dans un futur pas si éloigné ; c’est toujours le problème des pitchs reposant sur le fish outside the water : y a un moment où ledit fish finit par s’acclimater. En bref, à suivre, Jack Bauer is back.