jeudi 30 mars 2017

The (very) Good Fight

Moins d’un an après l’arrêt de ce qui est sans doute le meilleur drama des networks américains des années 2010 - à savoir The Good Wife - CBS a dégainé un spin-off de la série judiciaire baptisé The Good Fight autour du personnage ô combien emblématique de Diane Lockhart. A part un pilote diffusé sur la chaine historique, le reste de la saison, qui comptera au final 10 épisodes, est diffusée sur CBS All Access, la plateforme VOD du network, depuis la mi-février. Il faut bien reconnaitre que les deux dernières saisons de The Good Wife nous avaient un peu ennuyés. L’idée de replonger dans l’univers créé par Robert et Michelle King était donc à double tranchants : soit les King confirmaient avec ce spin-of qu’ils avaient définitivement perdu leur modjo, soit c’était un moyen pour eux de retrouver une fraicheur oubliée sur la fin de TGW. Avec déjà 6 épisodes visionnés, on est heureux de voir que la série a donné raison à cette seconde option. The Good Fight est un vrai plaisir à regarder parce qu’il nous permet de retrouver 5 éléments qui nous manquaient cruellement depuis l’arrêt de The Good Wife.


Diane Lockhart : sans spoiler ceux qui n’auraient pas vu la saison 7 de The Good Wife, on ne peut pas dire que le personnage de Diane avait eu la fin qu’elle méritait (même si elle a quand même bénéficié d’un meilleur traitement que d’autres personnages – cc Cary !). C’est donc particulièrement jouissif de retrouver ce personnage charismatique, classe et intelligent qu’est Diane Lockhart. Sa silhouette élancée, ses cheveux toujours impeccables, ses tenues magnifiques, ses lunettes emblématiques, sa diction parfaite, tout ce qui fait le personnage nous avait manqué !
Que c’est bon de la retrouver ! Magistralement interprétée par la belle et talentueuse Christine Baranski (qu’on aime tous fort d’amour), Diane crève l’écran à chacune de ses apparitions. Bien malmenée dans le pilote, elle prouve dans the Good Fight que son âge n’a en rien entamé sa rage de se battre et sa volonté de défendre les causes justes. On aurait tous aimé qu’elle devienne juge dans une vie passée, mais on est ravi de la voir s’engager dans de nouveaux combats et dans sa nouvelle vie. Diane, ON TE KIFFE !

Lucca Quinn : petite dernière arrivée dans l’ultime saison de The Good Wife, Lucca était très vite devenue la nouvelle meilleure amie d’Alicia Florrick (la Good Wife de la série originale, pour les novices). Avocate émérite et philanthrope ayant gravi les échelons rapidement au cours de la saison 7 de TGW, elle était pourtant restée discrète sur sa vie personnelle. Et nous, spectateurs curieux, étions condamnés à quitter ce personnage sans en apprendre plus sur un plan privé.
On est donc bien content de la revoir ici, et avec une place de choix, qui plus est. Toujours aussi malicieuse et combative, l’avocate ouvre dans The Good Fight les portes de son intimité et nous laisse enfin voir une facette jusqu’ici inconnue : sa vie amoureuse et/ou sexuelle. Et sur ce point aussi, Lucca incarne définitivement une femme moderne et indépendante qui mène la danse avec les hommes et notamment dans sa jolie relation avec le personnage de Justin Bartha. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un toyboy sympathique entr’aperçu dans le pilote (on la comprend, elle aurait tort de se gêner).

Les guests : l’une des grandes forces de The Good Wife était d’avoir réussi à créer une riche galerie de personnages secondaires récurrents génialement caractérisés. Le spectateur prenait un plaisir énorme à retrouver des visages familiers parmi les juges, les procureurs, les avocats adverses ou les clients.
The Good Fight n’avait donc que l’embarras du choix pour faire revenir certains de ces personnages, Et les scénaristes ne se sont pas restreints. Outre Marissa Gold - la fille géniale de l’inoubliable Eli Gold - qui devient ici l’assistante de Diane, on retrouve le juge Abernathy, toujours aussi dandiesque, l’inénarrable Elsbeth Tascioni (interprétée par l’excellentissime Carrie Preston) ou encore Neil Gross, le Steve Jobs fictif de The Good Wife. Et les retours successifs de tous ces personnages donnent l’impression de retrouver une bande de copains qu’on connait par cœur et qui nous avait bien manquée. Un peu comme quand on ressort enfin ses habits d’été préférés après 6 mois d’hiver pénible.

Les sujets d’actualité : les affaires judiciaires traités dans The Good Wife trouvaient souvent leur inspiration dans l’actualité et certains épisodes faisaient clairement référence à des faits précis et réels (le scandale marital d’Alicia, au cœur de la série, n’était d’ailleurs pas sans rappeler l’affaire DSK). D’autres épisodes s’étaient même révélés étrangement prémonitoires, comme l’épisode 19 de la saison 1 diffusé en 2010 qui évoquait un journal attaqué par des terroristes à cause de caricatures de Mahomet.
The Good Fight reste fidèle à cette ligne éditoriale et place plus que jamais la série dans le monde actuel. Dans le scandale fil-rouge de la série, Madoff y a remplacé DSK. Et le pilote s’ouvre sur le visage de Diane, démocrate invétérée, qui assiste, impuissante, à l’investiture de Donald Trump. En cela, The Good Fight est sans doute la première série de l’ère Trump, même si elle passe l’essentiel de son temps à dénigrer le nouveau résident de la Maison Blanche. L’épisode 5 est particulièrement délicieux puisqu’on y mentionne la fâcheuse tendance du président à tweeter à tout-va (notamment pour commenter ce qu’il regarde à la télévision) et l’impact que de tels tweets ont sur les médias (ici, une chaine de télévision qui renonce à diffuser un épisode de série anti-trump). Savoureux et passionnant !

Les nouvelles technologies : parmi les affaires traitées par Alicia dans The Good Wife, nombreuses étaient celles qui faisaient référence aux problèmes légaux que les nouvelles technologies posent aujourd’hui. Les systèmes d’écoute, les réseaux sociaux, les voitures autonomes… toutes ces innovations trouvaient un écho dans la série d’origine, résolument moderne.
The Good Fight emprunte le même chemin. En plus de faire revenir Neil Gross, elle réutilise tout l’univers digital créé dans The Good Wife et notamment ChumHum, l’équivalent fictionnel de Google. Et elle poursuit sa réflexion sur le danger des réseaux sociaux, des trolls et du cyber-harcèlement, que ce soit avec le personnage de Maia, qui se retrouve au cœur du scandale financier de ses parents ou avec l’épisode 6 qui traite frontalement la problématique de la modération des commentaires haineux sur les réseaux sociaux.


Tout aussi élégante, intelligente et efficace que sa grande sœur, The Good Fight a repris le flambeau de son ainée avec panache. En plaçant Diane et Lucca sur le devant de la scène (avec, à leurs côtés, Maia et Marissa), la série continue de revendiquer plus que jamais son féminisme, auquel elle ajoute fièrement sa volonté de lutter aussi contre le racisme. Parfaitement écrite, magnifiquement réalisée, cette nouvelle série semble tout droit sortie des meilleures saisons de The Good Wife et nous fait par là-même oublier la déception des dernières. Et c’est sans surprise mais avec grand plaisir qu’on a appris récemment le renouvellement de The Good Fight pour une saison 2. The Good Wife est morte, vive The Good Fight !

mardi 31 janvier 2017

Très beau Taboo



Après une promo assez mystérieuse et des photos de tournage volées dévoilant l’intimité de son acteur principal, Taboo a enfin fait son apparition sur les chaines anglo-saxonnes. Diffusée depuis début janvier sur BBC One au Royaume-Uni et sur FX aux Etats-Unis, la mini-série produite, entre autres, par Ridley Scott et Tom Hardy, confirme ce qu’elle laissait entrevoir : une série historique de haute qualité graphique. Restait à savoir si le fond suivrait. A mi-saison, je peux d’ores et déjà dire que Taboo n’est pas qu’un bel objet ; c’est aussi un récit intrigant, prenant mais pas forcément très haletant.

Taboo se déroule en 1814 au cœur de Londres, dans une période qui oppose le Royaume-Uni, les Etats-Unis, et dans une moindre mesure, la France sur les questions territoriales du continent Nord-Américain. Suite au décès de son père, James Delaney, un homme qu’on croyait mort lors d’un naufrage au large de l’Afrique, refait surface pour prendre possession de son héritage ; parmi son legs, se trouve une bande de terre, la baie de Nookta (actuellement l’île de Vancouver), que les autorités américaines et britanniques  aimeraient acquérir pour faciliter le commerce vers l’Asie. La toute puissante East India Company (E.I.C.), représentant les intérêts de la couronne britannique, pense pouvoir se mettre facilement Delaney dans la poche. Mais celui-ci ne se laisse pas faire ; à l’image des tatouages qui recouvrent son corps, l’homme est tourmenté, énigmatique, à la limite de la folie. Et il transporte avec lui un bagage de souvenirs visiblement douloureux, inavouables, tabous même, qui semblent guider ses décisions mystérieuses. 



Comme je le disais en introduction, Taboo est une série magnifique mais montre à voir un Londres qui l’est beaucoup moins. On est ici plus proche de Dickens que des sœurs Brontë. Globalement, tout est sale, boueux, vétuste. Les décors et la photographie obscure donnent un aspect crasseux mais réaliste au récit. Tout parait moisir et sentir mauvais dans cette société britannique, y compris dans les hautes sphères de ses salons royaux. Les comédiens secondaires eux-mêmes ont tous des tronches incroyables qui semblent sortir tout droit des Misérables. Par ailleurs, qu’il s’agisse des haillons du petit peuple, des toilettes des ladys londoniennes ou du splendide ensemble manteau-chapeau du héros, les costumes, absolument magnifiques et assez inédits, finissent de nous projeter dans cette époque que l’on a finalement peu l’habitude de voir dépeinte à la télévision ou au cinéma, surtout de ce côté de l’Atlantique. La réalisation soignée, maitrisée, est impeccable ; jamais prétentieuse, toujours proche de ses personnages, elle ne cherche pas à en faire des tonnes avec des effets de manche gratuits. Au contraire, elle semble vouloir se faire oublier pour servir ses personnages et son récit.
Et puis évidemment, il y a les comédiens. Enfin surtout LE comédien. Tom Hardy est de toutes les scènes, de tous les plans ; ultra-charismatique dans ce rôle taillé sur mesure, il joue le déséquilibré, quasi-possédé, à la perfection. Beau comme jamais, animal comme souvent, Hardy fait du Hardy mais il le fait magnifiquement bien. Concentrant sur lui seul tous les mystères de la série (d’où vient-il ? que veut-il ? qu’a-t-il fait dans son passé ?), il porte le récit sur ses épaules. Souvent incompréhensible dans ses réactions, le personnage reste pourtant absolument fascinant parce qu’il inquiète. Et Tom Hardy incarne parfaitement cette ambiguïté morale.
A ses côtés, les autres comédiens ont un peu du mal à tenir la comparaison. Interprétant la demi-sœur de Delaney, Oona Chaplin, d’habitude radieuse, parait presque jouer en demi-teinte. Espérons qu’au fil des révélations, son personnage prendra de l’ampleur. Et compte-tenu des relations visiblement peu recommandables qui lient les deux personnages, on ne devrait pas être déçu de ce côté-là. Mention spéciale à Jonathan Pryce, tout aussi crédible en moineau de Game of Thrones qu’en gérant de l’E.IC. et à Mark Gatiss (le Mycroft de Sherlock) qui offre une interprétation répugnante mais ô combien convaincante du prince régent.

Finalement, le reproche qu’on pourrait faire à Taboo serait de vouloir faire passer la forme au-dessus du fond. Mais c’est faux. Ou du moins en partie. Oui, Taboo est avant tout une série belle à regarder, mais son récit n’en est pas moins ennuyeux. Pas aussi haletant ou épique que d’autres séries historiques, le scénario est pourtant bien ficelé et bien amené. Les auteurs ont surtout sublimé l’art de retenir leurs effets : ils en disent assez pour qu’on soit captivé et qu’on ait envie d’en savoir plus sur les secrets de Delanay, mais ils n’en disent pas trop pour ne pas perdre de vue le réalisme recherché. En gros, pas de grands cliffhangers (quoique), par d’énormes surprises toutes les sept minutes, mais un mystère qui n’en finit pas de gonfler autour du personnage de Tom Hardy. On veut savoir qui il est et c’est ça qui nous fait revenir d’un épisode à l’autre. Et puis, il faut ajouter qu’on accepte aussi cette narration lente d’autant plus facilement que l’on sait que la saison ne comptera que huit épisodes.
Il n’empêche, au milieu de cette histoire d’héritage, de Nouveau Monde et de routes commerciales, la série réussit à glisser quelques messages qui paraissent sacrément modernes. Le prince régent est un homme particulièrement détestable, imbu de lui-même, qui préfère servir ses intérêts personnels plutôt que ceux de son pays et ce, sans craindre d’aller à l’encontre des lois. Toute ressemblance avec un président récemment élu est évidemment parfaitement fortuite (y compris au niveau de la couleur du fond de teint !).
Par ailleurs, on peut faire de la série une lecture anti-capitaliste : l’E.I.C. qui contrôle l’économie britannique (et donc mondiale) est perçue comme le grand monstre à abattre. Et Delaney, dans sa volonté folle de s’opposer à Goliath, rappelle de nouveaux acteurs économiques qui tentent de proposer une alternative plus équitable, plus juste face aux dérives du marché financier actuel. En bref, Taboo n’est pas que le joli objet futile qu’on pourrait dépeindre.

Sans être la série de l’année, Taboo est une série absolument magnifique à regarder. Captivante, elle doit beaucoup à son interprète principal et au personnage qu’il incarne. Sans trop savoir où on va, on se laisse emporter par cet homme fou mais idéaliste, animal mais magnétique, ni vertueux, ni vicieux. Car plus que tout, on veut savoir. On veut découvrir les secrets inavouables de ce revenant que le titre de la série nous promet. Et pour ça, on ira jusqu’au bout des huit épisodes.


mercredi 28 décembre 2016

Christmas Special : Sense8 en 5 scènes

Cette année, le Père Noël est arrivé légèrement en avance. Et il n’est pas passé par la cheminée. Non, cette année, il a choisi Netflix pour me donner mon cadeau dès le 23 décembre : 2h inédites de Sense8. 2h à passer avec les huit personnages les plus charismatiques que le monde des séries nous ait offerts depuis longtemps. 2h à rire, à pleurer, à s’inquiéter, à kiffer. Sense8, c’est de l’émotion à l’état brut. Le genre de séries qui vous laisse dans tous vos états sans trop comprendre ce qui s’est passé. J’avais déjà parlé ici de mon amour pour la série ; j’avais même essayé de rester objectif en essayant de pointer les petites faiblesses de la série. Mais en fait, en vrai, ces faiblesses sont bien peu de choses par rapport à la kiffance ressentie en visionnant ce spécial Noël – et les 12 épisodes de la saison 1 que je viens de re-binge watcher en 3 jours. Alors pour le plaisir, voilà un passage en revue des 5 scènes qui m’ont transcendé pendant ces deux heures.


Feeling Good : L’épisode n’a pas encore commencé que c’est déjà le kiff. Nos 8 personnages nagent dans l’océan, tous ensemble, au ralenti forcément, et sur une reprise de Feelin’ Good de Nina Simone par Avicii (et hop, direct sur ma playlist du moment). En quelques plans, en quelques minutes, on rappelle avec sensualité la situation des huit personnages : Lito, heureux comme un poisson dans l’eau ; Sun, en prison, qui tourne en rond comme un poisson rouge dans un bocal : Will qui s’enfonce dans les abysses de l’héroïne pour protéger ses compagnons. Et Kala et Wolfgang, encore et toujours irrémédiablement attirés l’un vers l’autre (et on les comprend), malgré la nouvelle bague au doigt de Kala. Tout est dit dans ce montage ultra précis, cette réalisation parfaitement maitrisée et avec ce cast toujours aussi séduisant. Sense8 recommence après une longue coupure et cette première scène suffit déjà à faire oublier les mois d’attente !


Having fun : Forcément nés le 8 Aout (1988, si l’on en croit l’âge inscrit sur le gâteau de Lito), nos sensate fêtent leur anniversaire ensemble aux huit coins de la planète. Scènes de liesse, scènes de fête, scènes de fou-rires, une fois encore le montage hallucinant nous transcende pendant cinq minutes, enchainant les morceaux  qui rejoignent la playlist entamée plus tôt (et notamment Home We’ll Go par Walk off the Earth et Huff/Puff par Just a Band). Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils s’amusent, ils rient tellement. Et on voudrait être avec eux, à San Franscisco, à Nairobi, à Positano ou à Berlin. 

Having sex : La saison 1 avait fait beaucoup parler d’elle avec notamment une scène d’orgie sexuelle particulièrement réussie. Cet épisode de Noël va encore plus loin et propose une nouvelle séquence érotique, sensuelle, magnifique. Comme le dit très joliment Sun, nous sommes tous issus du sexe, et plutôt que d’en avoir honte, c’est quelque chose que nous devrions honorer le plus souvent possible, sous quelque forme que ce soit. Avec cette ligne de dialogue (et la scène qui s’en suit), les sœurs Wachowski font la nique à tous les bigots du monde. Et se permettent même de montrer que le sexe peut aussi être hyper drôle en mettant en scène Kala et Wolfgang dans leurs ébats respectifs et involontairement partagés.

Being Loved : Sense8 ne s’est jamais cachée d’être une série pro-LGBT qui s’emploie à donner une vision positive des homos et des trans. Les couples Lito-Hernando et Nomi-Amanita comptent parmi les plus beaux couples télévisés de ces dernières années. Et dans cet épisode, après que Lito et Kala aient hurlé leur soif de pouvoir aimer qui ils voulaient, comme ils le voulaient, après qu’Amanita se soit demandé ce que le monde pouvait voir de si terrible dans ces amours-là, c’est la scène de Lito avec sa mère (et dans le prolongement, celle d’Hernando avec ses parents) qui a définitivement fait chavirer mon petit cœur tout mou. Being gay is OK.

Being United : Sense8, c’est aussi des scènes de fight particulièrement jouissives. Et d’autant plus maintenant que les liens entre les différents personnages sont établis. Chacun connait les forces et les atouts des autres. Et qu’il s’agisse de sauver Sun d’un interrogatoire douteux ou sortir Wolfgang d’une embuscade dans laquelle il est tombé, les Sensate, badass comme jamais, sont devenus quasi inarrêtables. Petite préférence pour la scène qui voit Sun foutre une raclée aux sbires de son frère : les dons de comédie de Lito et l’instinct de survie de Riley - moins souvent utilisés que les poings de Wolfgang ou le maniement des armes de Will - se révèlent tout aussi indispensables pour aider la Coréenne.


Cet épisode de Noël ne réinvente pas la série et ne fait pas forcément avancer le récit comme on aurait pu le souhaiter ; certains diront même qu’il s’agit d’une sorte de best-of de la saison 1. Mais qu’importe ce qui s’y passe, le plaisir est intacte. Merci à Netflix de nous avoir livré ce double épisode une veille de Noël. Et merci aux sœurs Wachowski (enfin surtout Lana pour ce spécial) de nous offrir cette petite dose salutaire pour patienter avant le 5 mai prochain. Je retourne écouter la reprise d’Hallelujah de Leonard Cohen par Daniel Martin Moore en attendant la suite. Happy Fucking New Year !


mercredi 30 novembre 2016

This is Us: this feels good !



Il faut bien se l’avouer, l’actualité ne nous ménage pas en ce moment : entre les images qui continuent d’arriver de conflits pas si lointains, les résultats surprenants d’élections françaises ou américaines et les anniversaires d’évènements tragiques encore bien trop proches, cette entrée dans l’hiver ne nous a pas franchement épargnés. Il parait plus important que jamais de trouver du réconfort là où on peut. Y compris dans les séries télé. Et cette année, NBC semble avoir entendu cet appel en lançant ce qui est sans doute l’un des grands gagnants de cette saison 2016-2017 : This is Us.  Alors si vous avez un petit coup de mou, si vous avez envie de câlins ou si vous n’en pouvez plus des traumatismes que provoque chez vous How to Get away with Murder, enroulez-vous dans cette série-plaid sans attendre.

This is Us raconte les destins croisés de personnages plutôt ordinaires au sein de leurs familles respectives, sous quelque forme que celles-ci prennent. Au fil des épisodes, les liens entre les personnages se précisent, les histoires se rencontrent et la série installe un joli cadre dans lequel évoluent ces héros qu’on apprend à connaitre petit à petit, au rythme de révélations qui sont faites sur chacun d’eux. Les thématiques qui sont abordées sont celles d’un soap familial classique. Le mode de narration qui mêle storylines multiples et flashbacks réguliers est assez habituel. Et la réalisation, soignée, est fidèle à ce qu’on attend d’elle. Difficile de pitcher This is Us avec plus de détails tant la série ressemble à beaucoup d’autres dramas que les américains produisent chaque année et dont ils sont friands (et nous avec).
Oui, autant prévenir, la série n’a rien de révolutionnaire. Ça n’est pas un high concept, ça n’a rien de jamais-vu et ça ne fait pas dans le sensationnel. Finalement, This is Us est à l’image de son titre : simple et sans prétention. Mais pourtant c’est tout aussi addictif. 



Autant il est difficile de pitcher cette série, autant il est encore plus dur d’expliquer pourquoi ça marche. Le mélo a souvent mauvaise presse : on l’accuse de mièvrerie, de sentimentalisme, voire de misérabilisme tire-larme. This is Us est pourtant la preuve que quand c’est bien écrit, bien joué, c’est un vrai plaisir. Ici, le genre est parfaitement maitrisé. Certes, c’est parfois attendu mais  chaque épisode apporte quelques jolies surprises noyées dans son flot d’émotions, souvent optimistes ; oui, on pleure souvent devant This is Us mais rarement de tristesse. Au contraire, c’est plutôt une machine à redonner fois en l’humanité. Une sorte de doudou qui fait du bien, qui réchauffe. This is Us, c’est la feel-good series par excellence. Un peu comme prendre un chocolat chaud, enroulé dans une grosse couverture devant un feu de cheminée. Perso, j’adhère complètement et je fonds quasiment à chaque épisode (grâce notamment au casting d’enfants – mini Kevin et mini Randall sont tops). Sans doute que je dois manquer de séries sans violence, ni sarcasme. Ou de séries où on n’est pas obligé d’avoir une vanne à la minute ou une explosion avant chaque coupure pub.

Avec déjà 9 épisodes diffusés sur les 18 que devraient compter cette première saison, This is Us est définitivement un de mes coups de cœur de cette rentrée. Un soap familial (très américain certes) touchant qui, sans brusquer, procure au contraire beaucoup de bien. Ça remonte le moral et ça réchauffe l’âme. Vous devriez essayer, vraiment. Pis en plus, vous n'avez aucune raison de passer à coté, c'est dores et déjà diffusé sur Canal+ en France. FON-CEZ.

PS: volontirement, je n'ai pas mis ici de trailer de la série parce que le pilote gagne vraiment à être vu en ayant vu le moins d'images possible. Mais pour ceux qui ne résistent pas, c'est par ici.