mardi 17 décembre 2013

La VF, c'est tout pourri!



Ça n’est un secret pour personne, je regarde les séries (et les films aussi, d’ailleurs) exclusivement en version originale. J’exècre la version française et je ne comprends pas pourquoi les séries ne sont pas intégralement proposées au moins en version multiple à la télévision. Très souvent, on m’accuse de snobisme. Mais ça n’a rien à voir avec ça. Et je vais tenter de le prouver. Je ne reviendrai pas sur le nombre incommensurable de vannes, jeux de mot et autre calembours qui passent à la trappe au moment de leur francisation. Je passerai également sur la qualité du doublage qui se dégrade peu à peu (je ne blâme pas les doubleurs : ils doivent souvent travailler dans l’urgence, car la lutte contre le piratage forcent les chaines à précipiter la diffusion des épisodes). Enfin, je ne me lancerai pas dans un débat pour savoir si la voix française convient mieux au personnage de Ross (seriously?). Non, je vais essayer de donner de vraies raisons. Celles qui prouvent qu’on devrait faire comme dans beaucoup d’autres pays : regarder systématiquement les programmes dans leur version d’origine.

1) Xander devient Alex dans Buffy. Pourquoi ? Aucune idée. Alors certes, le garçon s’appelle en réalité Alexander mais quel intérêt d’avoir changé son surnom ? Je ne vois pas. D’autant que le personnage détonne à côté des autres prénoms plutôt inhabituels de la série : au milieu de Willow, Oz, Buffy, Cordelia ou Spike, Alex parait bien conventionnel. Dieu merci, ils n’ont pas traduit Faith ou Dawn.

2) X-Files devient Aux Frontières du Réel. Ok, ça n’a pas duré longtemps, mais quand même, M6 a sérieusement pensé que ce titre conviendrait mieux à la série culte. On aurait pu comprendre qu’ils traduisent le titre avec quelque chose dans le genre "Les affaires non classées", mais ils ont préféré faire référence à Au-delà du réel, une série qui n’a aucun lien avec Mulder et Scully. Si ce n’est le paranormal, ce qui est un peu faible, convenons-en.

3) En français, Jacques Bauer court partout en hurlant "CAT, CAT". Tout en portant un badge et un blouson estampillés CTU. Le pauvre devient dyslexique.

4) Dans Lost, la frenchie Rousseau devient allemande. Ca aurait pu passer, sauf que dans un épisode, Shannon (qui parle français) doit traduire ce que Rousseau a écrit sur un carnet. Et comme il s’agit des paroles de la chanson La Mer de Charles Trenet et qu’on les voit distinctement à l’écran, les doubleurs se retrouvent bien emmerdés pour expliquer les difficultés de Shannon à traduire les propos de la Française.

5) Dans Modern Family, Gloria perd son accent dans la VF. J’ai appris ça récemment, je ne l’ai jamais vu, mais je me demande comment c’est possible. Une grand partie des blagues et de l’intérêt du personnage réside dans le fait qu’elle est toujours à côté de la plaque parce qu’elle maitrise mal la langue utilisée par les membres de sa famille. Sans oublier le fait qu’elle demande fréquemment à son mari de l’aider à trouver des mots qu’elle ne connait pas (comme "hélicoptère", un running gag de la série).



6) Dans The Big Bang Theory, "Bazinga", l’expression culte de Sheldon, devient "j’t’ai bien eu". Ça marche beaucoup moins bien. Et ça n’a pas l’impact de son équivalent anglais. D’autant que le mot n’existe pas non plus en VO, ce qui rend Sheldon (encore plus) particulier.

7) Sans aucune raison valable, les traducteurs ont voulu imposer des génériques chantés (en français donc) à Prison Break et Heroes. Je pensais qu’on avait arrêté de faire ça depuis Dallas. Et ben non, ils nous ont collé deux pauvres chansons sorties de nulle part. Et ils ont choisi du mauvais r’n’b, qui plus est, sans doute pour faire cool. C’est désastreux. Et ça fait mal aux oreilles.




8) Dans Glee, en français, ça ne dérange visiblement personne que les personnages changent de voix dès qu’ils se mettent à chanter. Et on ne peut pas dire que les chansons soient occasionnelles dans la série. Ce qui créé un décalage constant. Bon, la série étant un peu barrée, ça ne fait que rajouter de l’étrangeté à l’ensemble. Soulignons l’exploit d’avoir trouvé une voix encore plus agaçante pour doubler Kurt. Même Chris Colfer, le comédien qui l’interprète, la trouve ridicule. C’est dire.

9) Samantha Jones devient affreusement vulgaire dans Sex and The City. En anglais, même si la nympho de la série pouvait dire les pires horreurs du monde, Kim Cattrall parvenait à lui donner de la classe, de l’élégance même. Sa voix française de poissonnière la rend tout simplement grossière. Et ça nuit au personnage, bien plus subtil qu’il n’y parait.

10) Avec une prononciation à la française, Bree Van de Kamp devient Brie Van de Kamp. Et ça pue comme prénom.

11) Les traducteurs n’ont pas compris ce que les auteurs de Friends ont voulu faire avec les titres des épisodes. En anglais, les scénaristes ayant remarqué qu’il était impossible de tous les retenir, tous les titres commencent par "The one where" ou "The one with". Ce qui aurait dû se traduire par quelque chose du genre "Celui où il se passe ceci", expression utilisée communément par les fans de n’importe quelle série pour parler de tel ou tel épisode. "The one" désigne donc l’épisode lui-même. Mais en français, "Celui" désigne un des personnages : " Celui qui fait ceci" ou "Celui qui a cela". L’effet est raté.

12) Et enfin le meilleur pour la fin : dans Dynastie, un des personnages fait son coming-out devant son père. Il faut reconnaitre que c’est assez révolutionnaire pour l’époque. Trop sans doute pour les diffuseurs français qui préfèrent contourner le problème. En français, le jeune homme n’est pas gay, il est… malade. Voilà voilà… Superbe. Vingt sur vingt, vive la France. C’est véridique. C’est ici.

Alors ? Convaincus de passer à la VO ? Ça serait bien. Vous pourriez rejoindre le clan très prisé des snobs qui ont appris à parler anglais en matant les séries. Ça va être légen… attendez pour ça… daire !

samedi 7 décembre 2013

Modern Family, pour les rares qui hésiteraient encore...

La semaine dernière, je débattais encore sur Twitter pour convaincre quelqu’un de regarder Modern Family. Au cours de la diffusion de la cinquième saison, je ne pensais plus qu’il était nécessaire d’expliquer à quel point cette série comptait parmi les plus drôles du moment. Les Emmy Awards semblent pourtant s’acharner à le proclamer haut et fort puisque la série a remporté trois ans de suite la récompense ultime de meilleure comédie. Mais comme visiblement, elle reste inconnue pour beaucoup et qu’elle peine à intéresser certains, il est temps que je me penche sur cette série pour voir si j’arrive à persuader les sceptiques de regarder cette sitcom.
Modern Family raconte le quotidien d’une famille moderne (d’où le titre finement recherché) qui présente plusieurs formes de schémas familiaux apparus ces dernières décennies : les familles recomposées, homoparentales, les couples multiculturels, intergénérationnels, ou bien encore le phénomène nouveau de ces adulescents devenus parents. Si ces tendances sociologiques ne sont pas toutes récentes, la famille Pritchett-Dunphy possède la particularité de les accumuler et de complexifier légèrement les rapports qu’entretiennent les personnages entre eux. Mais puisqu’il s’agit d’une comédie, ces difficultés ne sont pas vraiment prises au sérieux et sont avant tout là pour nous faire marrer. Et ça marche super bien pour au moins 5 raisons qui, personnellement, m’ont rendu accro à cette série.


1) Phil Dunphy (interprété par Ty Burrel) : lorsque j’ai commencé à regarder la série, c’est lui qui m’a fait rire en premier. Phil est marié à Claire et est le père de trois enfants. Et sa particularité première est de ne pas avoir encore totalement réalisé qu’il n’avait plus 20 ans. Dans sa tête, Phil est encore jeune. Mais ça, c’est dans sa tête, parce que pour le reste de son entourage, il est surtout souvent ringard, lourd et embarrassant. Phil cherche absolument à rester dans le coup alors qu’il a déjà 3 wagons de retard, il veut devenir le meilleur ami de ses enfants quand ceux-ci commencent à s’émanciper, il voudrait être le "mec cool et fun" apprécié de tout le monde alors qu’il a un humour assez… simpliste, dirons-nous. Mais il reste super attachant, parce que quelle que soit la situation, Phil essaye toujours de bien faire. Même s’il connait parfaitement ses limites, il ne lâche jamais l’affaire, quitte à devenir ridicule. Ce qu’il fait d’ailleurs très bien.
2) Cam Tucker (Eric Stonestreet) : deuxième personnage à m’avoir sauté aux yeux au premier visionnage de la série. Cam est en couple avec Mitchell, le frère de Claire. Pour ceux qui ont un doute, même si Cameron est également un prénom féminin, il s’agit bien là d’un couple homosexuel. Et franchement, chez Cam, ça se voit légèrement. C’est l’archétype du héros "bigger than life". Drama-queen par excellence, Cam adore mettre sa vie en scène (comme le jour où il a présenté sa fille adoptive à sa famille sur la musique du Roi Lion. Priceless). Il est capable de tout, pourvu qu’il soit au centre de l’attention et qu’on l’admire. Il adore se déguiser (son personnage de Fisbo le clown est immanquable), il est persuadé de chanter divinement bien et il a évidemment une vision du bon gout un peu particulière. Mais même s’il est maniéré, susceptible, Cameron n’oublie pas ses origines paysannes qui remontent parfois à la surface de façon hilarante. 



3) Gloria Pritchett (Sofia Vergara) : troisième personnage totalement délirant de la série, Gloria est mariée à un homme de 30 ans son ainé, Jay, le père de Claire et Mitchell (vous suivez ?). Originaire de la Colombie, c’est la bomba latina par excellence. La taille de ses seins n’a d’égal que la puissance de sa voix. Et ses décolletés sont souvent tout aussi prononcés que son accent. Boule de nerfs superstitieuse et pourrie gâtée, Gloria a bien l’intention d’agir selon sa volonté. Véritable tornade, Gloria sait parfaitement user de ses charmes pour obtenir ce qu’elle veut de son mari (et de Phil, aussi, il faut le dire) mais elle refuse souvent de l’admettre. Pas question pour elle de passer pour l’écervelée de service.



J’ouvre une parenthèse pour dire que les trois comédiens interprétant les personnages dont je viens de parler sont, comme le reste du casting, parfaits en tout point. Ils parviennent à interpréter ces personnages limites caricaturaux avec beaucoup de subtilité (et notamment Eric Stonestreet, à mille lieux de Cam, dans la vraie vie). Là encore, les Emmy ont vu juste puisque chacun y a remporté le meilleur second rôle comique.

4) Le mockumentaire : Modern Family est tourné à la manière d’un faux documentaire. Comme si une équipe de télévision suivait le quotidien de cette famille jour et nuit. Deux particularités découlent de ce choix de réalisation. La première : les interviews. Dans chaque épisode, les personnages sont interviewés face caméra par un journaliste qu’on ne voit jamais. Ils racontent leur vision des choses et c’est souvent l’occasion pour eux de faire preuve de mauvaise foi ou bien au contraire d’être confrontés à leurs défauts. C’est aussi un moyen pour les scénaristes de mettre très rapidement en place des situations pour aller plus directement à la comédie. La seconde particularité de ce mockumentaire vient des regards caméras. Puisqu’ils sont supposés être filmés par une équipe de télévision, les personnages ont tendance à regarder la caméra dès qu’ils sont gênés. Et ces regards de détresse sont souvent accompagnés de silences embarrassants pour eux, hilarants pour nous. Haley, la fille ainée de Phil et Claire, excelle dans cet art de la gêne. En bonne adolescente qu’elle est, sa famille la met souvent très mal à l’aise.

5) Les enfants : c’est assez rare pour être remarqué, mais les enfants sont drôles dans Modern Family. J’ai déjà présenté Haley, mais sa sœur Alex et son frère Luke ne sont pas en reste. Un peu plus monodimensionnels que les adultes, ces personnages moins présents à l’écran sont pourtant très drôles. Et surtout très justes ! Les comédiens, si jeunes soient-ils, s’en sortent très bien. Seul Manny, le fils de Gloria, est raté : son personnage d’enfant précoce est assez insupportable et son comédien ne fait pas vraiment dans la subtilité. Même Lily, la fille de Cam et Mitchell, s’en tire mieux. Bon c’est surtout grâce à des répliques assassines bien placées et pas tellement pour le talent de la comédienne. Mais bon elle a quatre ans et tout le monde ne peut pas ressembler aux sœurs Olsen !

 Voilà les cinq raisons principales qui expliquent mon attachement à la série. Alors certes, dans le fond, il s’agit d’une sitcom assez classique, quelque fois un brin moralisatrice, mais les quiproquos, la finesse des dialogues et des jeux de mots et les comique de situations s’imbriquent parfaitement et s’enchainent à toute vitesse. On a beau être en 5ème saison, la qualité est toujours là et elle n’a jamais baissé depuis le début.

lundi 4 novembre 2013

Vis ma vie de blogueur en 10 questions



Ça y est, j’ai dépassé les 50 000 pages vues sur mon blog ! Youhou ! Je ne sais pas ce que ça représente à l’échelle de l’Internet, mais j’avoue que je ne suis pas peu fier ! Alors pour fêter ça, post un peu particulier aujourd’hui en mode Vis ma Vie de Blogueur Série
Quand on tient un blog sur les séries, on est assez rapidement fiché dans son entourage comme étant le référent ultime sur le sujet. Ce qui est évidemment très flatteur. Cela veut dire que ledit entourage lit ledit blog ou au moins qu’il se tient au courant des nouveaux posts via Facebook. Ca devient même très gratifiant lorsqu’un ami vous annonce avoir regardé (et aimé) une série en se basant sur ce qu’on a écrit. Mais bon, ça a aussi son lot d’inconvénients. A commencer par le fait que, malgré tous mes efforts pour éviter le sujet en soirée, les gens finissent toujours par me parler séries. Alors, moi, bêtement, je plonge et il devient vite difficile de m’arrêter. Souvent, ça soule au moins la moitié de l’assistance, voire même ça plombe l’ambiance. Alors pour tous les diners que j’ai pu flinguer, je vous présente mes excuses les plus plates ! Mais parfois, c’est dur de ne pas réagir à certaines remarques. Et certaines d’entre elles reviennent souvent. Très souvent :

1) "Pfff, mais moi, j’ai pas le temps de regarder des séries… Comment tu fais ?"
"C’est bien simple, tu sais, moi, je n’ai pas de vie. Je ne fais que ça de mes soirées parce que je n’ai pas d’amis. Et aucun autre centre d’intérêt. Et d’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je te parle parce que j’ai une saison à rattraper, là…"
Non mais franchement. Evidemment que je ne fais pas que ça de ma vie. Bizarrement j’aménage mon temps libre pour y faire ce que j’aime. Alors oui, ça me prend du temps mais pas plus qu’à ceux qui passent leurs soirées à mater du foot, à jouer à Assassin’s Creed ou à faire de la peinture sur soie (c’est souvent pas les mêmes, j’ai remarqué). Je sens bien le côté un poil condescendant de certains qui me disent qu’ils sortent trop pour y consacrer autant de temps. Mais ma vie sociale va très bien, merci pour elle. Bon mon sommeil, lui, en prend parfois un coup.

2) "J’adore How I met, c’est un peu le nouveau Friends."
Arrrgh ! NON. How I met c’est sympa (enfin, c’était…), mais ça n’est pas le nouveau Friends ! Déjà parce que Friends aura duré plus longtemps (bah oui, un an, ça compte !). Ensuite parce que How I met ne parvient pas au niveau de Friends sur la durée. Friends n’a jamais cessé d’être drôle. La qualité de cette série était bien plus constante que HIMYM ; c’était bien mieux joué, bien mieux écrit, bien plus touchant. A ça, on me répond souvent deux choses.
La première, c’est Barney. Ok, Barney est drôle. Très drôle. Enfin surtout au début. Si drôle que les autres en deviennent un peu insipides par moment. Dans Friends, les six étaient hilarants.
La seconde, c’est que How I met est soi-disant l’héritier de Friends dans le sens où on retrouve une bande de trentenaire qui discutent dans des bars et sur des canapés. C’est ce qu’on appelle une sitcom, les gens ! La moitié des comédies américaines fonctionnent sur ce postulat de base. Et ça ne fait pas des héritiers de Friends à tous les coups.

3) "Buffy, c’est pas un truc d’ados, ça ?"
Fonctionne aussi avec "Battlestar Galactica, c’est pas un truc de geeks ?" Ou avec "Sex & The City, c’est pas un truc de meufs ?" Parfois, cher ami, il faut dépasser le préjugé. Parfois, il faut entendre le chœur des fans qui te disent d’une seule voix qu’il y a quelque chose de plus dans ces séries-là. Ca n’est pas parce que Buffy a été diffusée pendant la trilogie du samedi dans une mauvaise VF que c’est un truc pour les gamins. Ca n’est pas parce que Battlestar se passe dans l’espace qu’elle est réservée aux boutonneux à lunettes. Et ça n’est pas parce que Sex & The City parle de quatre femmes que ça ne parle qu’aux femmes. Buffy, Battlestar et Sex & The City font partie des séries les mieux écrites de ces dernières années chacune sur un sujet bien précis (respectivement l’adolescence, la politique et le sexe). Et leur succès peut éventuellement laisser imaginer qu’elle vise un public plus large que la niche imaginée. Après, tu as le droit de ne pas être intéressé. Mais par pitié, accepte d’entendre que ces aprioris sur ces séries sont faux.

4) "Les séries françaises, j’en regarde pas : c’est de la merde."
Comment dire ? Kaamelott, Un Village Français, Engrenages, Les Revenants, Un Gars, une Fille, Braquo, Hero Corp, Ainsi soient-ils… j’en passe et des meilleurs. Alors, c’est sûr que si on garde en référence Julie Lescaut et Plus belle la vie pour les comparer à 24, oui, là, il y a comme un petit gap. Mais franchement, les choses changent et vont dans le bon sens. Ne crachons pas dans la soupe française. Même si bon, je reconnais que je n’en parle pas beaucoup ici. Mea culpa.


5) "Ceux que je préfère, c’est les Experts : Miami."
Faut faire gaffe avec ça, je peux devenir violent sur un coup pareil. Il n’y a qu’une version des Experts qui vaille : les Experts. C'est-à-dire ? Mais Vegas, bon sang ! Ce sont les premiers !!! Je pourrais tolérer Manhattan mais uniquement parce que je suis gentil. Les Experts a réinventé les procedural shows. Les autres ont copié, en moins bien.
Ah oui, et petit détail : je n’ai jamais regardé un seul épisode de NCIS. Jamais.

6) "Ah ouais, t’as aimé le final de Lost ? "
Et ben ouais, j’ai aimé. Il en faut, non ? Ça n’est peut-être pas la meilleure fin de série de tous les temps, mais moi, j’y ai largement trouvé ce que j’en attendais. Ça m’a touché, ça m’a ému, et oui, j’ai un peu pleuré. Alors, certes, on n’a pas toutes les réponses. Mais ça semblait évident depuis un moment qu’on ne nous dirait pas tout, non ? C’était dans les gènes de la série : aller d’énigme en énigme en laissant des indices pour combler les trous par soi-même. Et puis on n’a peut-être pas toutes les pièces sur le fond du mystère de l’île, mais les personnages, eux, ont été jusqu’au bout de leur parcours. Et c’est le plus important. On dira ce qu’on voudra, Lost, c’est avant tout une série de personnages, avec de l’action et du fantastique autour.



7) "J’aime bien Mike, dans Desperate, il est vraiment très sexy."
Mouais, il est surtout complètement inutile. Et en plus le comédien est loin d’être le meilleur de la bande, mais ça c’est un autre sujet. Je crois que de tous les maris et copains des quatre femmes au foyer de la série, c’est lui le plus insipide et le plus ennuyeux. Et en plus, il a choisi la plus pénible des housewives. Dommage, parce qu’avec un physique comme le sien, en effet, on aurait pu en faire un personnage charismatique, mystérieux, dangereux même. C’était le cas dans la première saison. Après, c’est devenu un banlieusard sans intérêt. La preuve, la fin que les scénaristes lui ont réservée a laissé insensible pas mal de monde. Comme quoi, il n’intéressait plus vraiment depuis un bout de temps.

8) "Girls, c’est la série avec la grosse ? "
Oui, en effet, c’est la série avec un personnage féminin plus enveloppé que la moyenne. Mais si on pouvait arrêter de résumer cette série à la corpulence de son actrice principale, ça serait bien. Elle en joue un peu beaucoup, d’accord. Et au début, ça a surpris tout le monde. Mais passons à autre chose. Je pense que Girls a suffisamment d’autres atouts pour qu’on parle d’elle sans évoquer les rondeurs de Lena Dunham systématiquement.

9) "Quoi, tu n’aimes pas The Walking Dead ?!? "
Non, je n’aime pas. Point. Crotte à la fin.
Et à l’opposé : "c’est vraiment bien, A La Maison Blanche ? "
Oui, vraiment. Point.


10) "Tu me conseilles de regarder quoi ?"
Alors là, c’est vraiment la question qu’on me pose le plus souvent et à laquelle je sais le moins bien répondre. La première chose qui me vient à l’esprit quand on me pose cette question, c’est une foule d’autres interrogations : tu aimes quoi ? tu as vu quoi ? tu cherches quoi ? tu privilégies les comédies ou les dramas ? tu télécharges ? tu as Canal ? tu as du temps devant toi ? tu es fan de SF ? tu regardes en VO ou en VF ? Bref, pour répondre, il faudrait que je mette en place un questionnaire pour mieux cibler ma réponse. Et je ne dis pas ça par snobisme mais seulement parce que je prends la question très au sérieux et que je m’en voudrais de mal répondre. Alors très souvent, je réponds "va voir mon blog ! ;-)". Après tout, c’est bien dans ce but que j’écris depuis 2 ans !

Voilà, en résumé, les questions et remarques qui reviennent le plus souvent. Alors attention, pas de méprise, hein. Pour de vrai, j’adore qu’on me répète ces questions. C’est toujours un plaisir d’y répondre. Alors continuez à m’en poser, ici ou sur Twitter, j’y répondrai ! Je ne me lasse pas de parler de séries…

lundi 7 octobre 2013

Sleepy Hollow: sans queue ni tête

Vous l’attendiez tous, la voilà : la première série de la saison 2013-2014 que je vais me faire un plaisir de bâcher ! Chaque année, les networks américains nous livrent leur lot de nouveautés. On essaye, on teste et forcément dans le tas, il y a des déceptions, des déconvenues et des déchets. Sans aller jusqu’à cette dernière catégorie, je classe définitivement Sleepy Hollow dans l’une des deux premières. Il faut dire qu’à la base, je n’étais pas très tenté. Tout ça, c’est la faute à Twitter qui a voulu me faire croire que c’était bien. Et bien, chers twittos (l’un d’eux se reconnaitra), je ne vous remercie pas, sur ce coup-là !



Un remake de Sleepy Hollow, déjà, dit comme ça, c’est suspect. D’abord, parce que c’est s’attaquer à l’un des films les plus réussis de Burton, selon moi. Et puis parce que tenir la distance sur une saison, même courte, avec ce sujet-là, ça sent l’étirement d’intrigues à outrance. Mais bon, donnons-lui sa chance, me suis-je dit. Et bien, il m’a fallu exactement 4 minutes pour me dire "WTF ?!", pour trouver la série ridicule et pour me demander si on n’était pas tout simplement en train de se foutre de ma gueule.

Je m’explique : le pilote s’ouvre sur une scène de bataille pendant la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis. Belles images, jolie mise en scène. Cool. On découvre notre héros qui affonte ce qui semble être l’Homme au masque de fer. Enfin, pas vraiment lui, mais un bonhomme crès crès méchant qui a adopté le look Hommen, version métallisée. Bref, comme attendu, le type y perd la tête. Mais le gentil prend lui aussi un sale coup d’épée, que dis-je, de hache dans le torse. Il n’est pas loin d’y passer, mais au lieu de ça, il s’évanouit pour se réveiller… 250 ans plus tard. Voilà voilà… Une fois sorti de ce qui s’apparente à un gigantesque pot de rillettes (avec même la couche de graisse pour préserver son corps affaibli), Ichabod Crane -c’est son nom- découvre le 21ème siècle, façon Les Visiteurs (je m’attendais vraiment à ce qu’il hurle "un sarrazin !" à l’approche de la première chariote). Risible. Mais passons.
On nous présente alors l’autre héroïne de la série, Maddie Mills, fliquette en patrouille avec son partenaire/mentor/père/shérif. Et manque de bol, ils tombent sur le bien-nommé cavalier sans tête. A nouveau, jolie scène d’action, réalisation plein de trouvailles. Mais très vite, le ridicule reprend le dessus lors de la rencontre des héros. Leurs situations respectives ne paraissent pas les émouvoir tant que ça : lui a quand même tout perdu (je passe sur les lourdeurs du mec découvrant le nouveau monde) , elle vient d’assister à la décapitation de son partenaire par un hussard sans tête. Mais ça va, ils gèrent. Tranquille, Emile. Au lieu de paniquer sévère, ils vont mener leur petite enquête. Et en deux temps trois mouvements, en relisant les vieux grimoires du défunt shérif rédigés par Georges Washington* himself (ça ne s’invente pas), ou en communiquant avec la femme d’Ichabod par rêve interposé (si, si), les  deux héros parviennent à faire fuir le cavalier sans tête jusqu’à nouvel ordre. Au passage, ils ont même retrouvé la fameuse tête du cavalier (et oui, déjà) mais décident de la mettre en lieu sûr dans… bah non, en fait, on ne sait pas ce qu’ils en foutent. Logique.
Bon, ça c’était le pilote. Je suis un peu sévère parce que certaines scènes (les scènes d’action notamment) sont plutôt efficaces et bien réalisées. Et quelques vannes sur les Starbucks et les taxes des beignets sont plutôt bien trouvées. Mais c’est un peu limite.

Et vient alors le temps du deuxième épisode. Misère de misère. On a furieusement l’impression que les scénaristes se sont réunis autour d’une table avec pour objectif de répondre à la question : "Comment qu’on tient 13 épisodes avec un type qui découpe la tête des gens ?". La conclusion est évidente : ils n’ont pas réussi à trouver une réponse. Parce que le deuxième épisode ne parle pas du tout du cavalier sans tête. Pourtant, ça avait l’air d’être un problème mastoc : le mec est quand même l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse (ah, si St-Jean gagnait un dollar à chaque fois qu’on site l’Apocalypse dans une série…), c’est pas rien. Bah non, on s’en fout. On préfère s’intéresser à un autre phénomène paranormal : la résurrection d’une sorcière du 18ème siècle. Mais pas une des gentilles sœurs Halliwell. Non, une méchante venue tuer les descendants de son bourreau, qui ne sont que deux et qui se trouvent justement habiter à Sleepy Hollow (le nom du bled). Lucky girl ! Je passe sur les maquillages ridicules de la sorcière carbonisée, qui rappelle vaguement la Guerre du Feu parce que certains effets spéciaux viennent joliment rattraper la sauce.
Pour l’arrêter, pas de problème, Crane et Mills sont sur le coup. Comment ? En consultant les vieux grimoires du shérif bien sur ! Décidément, ces grimoires sont visiblement plus exhaustifs que le livre des Ombres et Wikipédia réunis. Problème, ils ont été classés aux archives. Pas de souci, notre visiteur du passé connait un vieux passage secret construit sous le poste de police pour rejoindre l’annexe du commissariat. Really, REALLY ? D’ailleurs, ces souterrains sont à priori connus de tout le monde (on y voit des passerelles métalliques) mais personne n’a pensé à enlever les barils de dynamite datant de 1780. Et comme on découvre qu’ils doivent tuer la sorcière par le feu, on se demande bien où on nous emmène avec cette poudre de canon. Subtilité, légèreté, toussa, toussa…
A propos de finesse, dans la famille "Deus Ex Machina", la série s’impose en reine. Dès que l’enquête est au point mort, les auteurs (qui planchent toujours sur la première question citée plus tôt) choisissent d’user de ce procédé scénaristique honteux qui consiste à nous sortir une solution de nulle part. Ici encore, les rêves du héros sont très révélateurs et lui livrent les solutions en moins de deux, en mode "fausse énigme tout pourrie". On va me rétorquer que c’est de la magie et que ça fait partie du mythe. Ok, mais point trop n’en faut. On réinvente déjà les règles au 2ème épisode : Ichabod, qui jurait dans le pilote n’avoir rien vu d’aussi étrange que le cavalier sans tête, se souvient cette fois-ci d’une apparition mystérieuse qui l’avait effrayé sur un champ de bataille. A ce rythme-là, on n’a pas fini d’accumuler les facilités. Bon, je ne vais pas m’éterniser sur la fin de l’épisode : tout est bien qui finit bien et Maddie trouve même un moyen de papoter tranquille avec son défunt shérif (aucun personnage gens ne meurt dans cette série. Jamais. NEVER EVER). Cliché, ennui, bâillement.

Je n’irai pas plus loin. C’est une catastrophe. Un fourre-tout absolu. Un gloubi-boulga totalement indigeste. Je m’attends donc à l’apparition de loups-garous, des vampires et de fées, tiens, pourquoi pas. Le tout en mode Halloween chez Disneyland, avec des tombes qui ont deux siècles (où on trouve ça ? où ?) couvertes de toiles d’araignée et des potions magiques contenant de la bave de crapaud ou des limaces. En fait, c’est peut-être ça, le problème. Cette culture des sorcières de Salem, de la magie noire, des pentagrammes et autres formules magiques bidons, c’est très (trop ?) américain. J’y suis totalement insensible. Ca n’est pas effrayant, c’est  ringard et déjà très daté. Si je me souviens bien, parmi les pires épisodes d’X-Files, on compte ceux qui ont abordé le sujet. Il n’y a guère que Buffy qui s’en soit sorti. Mais bon, il y avait Joss Whedon aux commandes…
Dans la narration, rien n'est logique. Aucune des réactions des personnages n'est compréhensible. Les usages intempestifs de flashbacks tentent en vain de donner de l’épaisseur aux deux héros, mais finissent très vite pas lasser. Top facile de piocher dans leur passé, inconnu du spectateur, pour trouver une solution aux problèmes rencontrés. Autre procédé insupportable (pourtant utilisé trop fréquemment en série télé), les personnages "qui savent tout mais qui diront rien", ou du moins rien de façon claire et audible : le shérif et la femme sorcière font manifestement exprès de ne divulguer leurs précieuses infos qu’au compte goutte, et ce dans un charabia incompréhensible. Dans quel but ? Mystère.


Bref, cette série ne m’a pas du tout plu. Je ne comprends pas la décision un poil prématurée de la Fox d’avoir d'ores et déjà commandé une saison 2 (je rappelle que 3 épisodes ont été diffusés à l’heure où j’écris ce post).  D’autant que si les audiences suivent la tendance des 3 épisodes, plus personne ne regarde d’ici un mois. Quoi qu’il en soit, ça n’est pas du tout ma came. Au contraire, tout ça m’a bien pris la tête. Ha ha.
 
*Chaque président a son hobby, il parait que Lincoln chassait les vampires…